Cette étude explore l’utilisation de 4701 protéines circulantes pour prédire la sévérité de la COVID-19 dans deux cohortes indépendantes totalisant 986 individus. Les modèles de prédiction intégrant les abondances protéiques et les facteurs de risque cliniques ont permis de prédire la sévérité du COVID-19 avec une aire sous la courbe (AUC) de 88% dans la cohorte d’entraînement et de 86% dans la cohorte de test. Les protéines sélectionnées étaient principalement associées aux cytokines et récepteurs de cytokines, mais plus de la moitié des voies enrichies n’étaient pas liées au système immunitaire. Ces résultats suggèrent que la mesure des protéines circulantes en début de progression de la maladie peut être un bon indicateur de la sévérité du COVID-19, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour intégrer cette mesure en pratique clinique.
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Le taux de taurine plasmatique est lié à la gravité des symptômes et aux résultats cliniques dans les cas de COVID post-infectieux.
Cette étude explore le rôle de la taurine plasmatique dans la COVID longue (post-COVID condition ou PCC) en analysant le profil métabolique et protéomique de 117 patients hospitalisés pour COVID-19, comparés à 28 témoins sains. Des niveaux élevés de taurine sont associés à une réduction des symptômes du PCC et des événements cliniques indésirables, indépendamment de la sévérité initiale de l’infection. L’augmentation de la taurine entre la phase aiguë et la convalescence est corrélée à une protection significative. Ces résultats suggèrent que la taurine pourrait être un biomarqueur prédictif et une cible thérapeutique à explorer pour la COVID longue.
Cette étude a pour objectif d’identifier les trajectoires de la qualité de vie liée à la santé (HRQOL) et leurs facteurs prédictifs chez les adultes diagnostiqués avec la COVID-19. Basée sur une analyse rétrospective d’une cohorte prospective (BQC19), elle a inclus 2163 participants et a utilisé le modèle de classes latentes pour identifier les trajectoires sur une période de 18 mois. Les résultats ont révélé que 13% des patients ambulatoires et 28% des patients hospitalisés ont connu une baisse significative de la HRQOL. Les facteurs prédictifs de cette baisse incluent l’âge, le sexe, la gravité de la maladie, la fatigue et la capacité fonctionnelle au début de la maladie. Ces résultats suggèrent que des échelles de capacité fonctionnelle clinique, telles que le SARC-F et le CFS, peuvent aider à identifier les patients à risque de déclin de la HRQOL
Le profil métabolomique associé aux séquelles physiques chez les patients présentant des symptômes respiratoires valide le concept d’estivation chez les patients déshydratés.
L’hypertonie due à la déshydratation est liée à la fonte musculaire et à la production d’osmolytes organiques. En analysant 824 patients de la Biobanque québécoise de la COVID-19 (BQC19), dont 571 avec des données sur la déshydratation et 284 avec un suivi métabolomique, une corrélation a été observée entre une osmolalité élevée (eOSM) et une augmentation de l’urée et du glucose, accompagnée d’un enrichissement en acides aminés. Une déshydratation plus sévère était associée à une mortalité accrue, une ventilation mécanique invasive, une insuffisance rénale aiguë et des symptômes physiques persistants, mais pas mentaux. L’analyse selon le sexe suggère une réponse d’estivation plus faible chez les femmes, bien qu’elles présentent moins de déshydratation. Ces observations confirment que la déshydratation entraîne un remodelage métabolique favorisant la synthèse d’urée et la fonte musculaire.
Cette étude explore les profils multimodaux (protéomique, métabolomique, génomique) de patients hospitalisés infectés par le SARS-CoV-2 dans la Biobanque québécoise de la COVID-19 (BQC19) pour caractériser les endophénotypes associés à différents niveaux de gravité. L’analyse a révélé que l’activité procoagulante des neutrophiles dans le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) sévère était inversement corrélée aux niveaux plasmatiques de sphingosine-1 phosphate. La signalisation des récepteurs du facteur de croissance des fibroblastes (FGFR) et de la protéine transformante SH2 (SHC4) a été associée à l’endophénotype 6 (EP6), où la ventilation mécanique était liée à des altérations du métabolisme des lipoprotéines. Ces résultats aident à définir les mécanismes moléculaires des issues graves, permettant d’identifier les trajectoires cliniques défavorables et les traits traitables pour améliorer la survie des patients en soins critiques.
La protéomique confirme que le GDF-15 circulant est un biomarqueur indépendant de la gravité de la COVID-19.
Le facteur de différenciation de la croissance 15 (GDF-15), connu pour être un biomarqueur du vieillissement et des maladies cardiovasculaires, a été étudié pour sa relation avec la sévérité de la COVID-19 dans une large cohorte de patients. Les résultats montrent que les niveaux plasmatiques de GDF-15 étaient plus élevés chez les patients COVID-19 par rapport aux contrôles hospitalisés, et augmentaient avec la sévérité de la maladie. Les patients présentant des comorbidités telles que le diabète, le cancer, la BPCO et les maladies cardiovasculaires avaient des niveaux plus élevés de GDF-15. L’élévation de ce biomarqueur était corrélée avec des cytokines pro-inflammatoires telles que l’IL-6 et le CRP, ainsi qu’avec l’âge avancé. Ces résultats soutiennent l’utilisation de GDF-15 comme biomarqueur pour évaluer la sévérité de la COVID-19 et identifier les patients à risque élevé de progression vers une forme grave.
Modèle pronostique de l’activité de la COVID-19 basé sur le protéome circulant et s’appuyant sur les laboratoires cliniques habituels.
Une petite proportion des personnes infectées par le SARS-CoV-2 développe une forme sévère de COVID-19. Cette étude a mené une stratification non supervisée du protéome circulant pour identifier six endophénotypes (EP) chez 731 patients hospitalisés, ce qui a permis de distinguer des sous-groupes de sévérité de la maladie et du temps d’admission en soins intensifs (ICU). L’EP6, associé à une plus grande proportion d’admissions en ICU, de soutien ventilatoire, de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et de décès, était caractérisé par des niveaux élevés de C-réactive protéine, D-dimères, interleukine-6, ferritine et d’autres marqueurs de l’inflammation. Un modèle pronostique basé sur des mesures cliniques de laboratoire a été validé et permet une identification automatisée des groupes à haut risque, avec des applications potentielles au-delà du COVID-19.
Les analyses de l’évolution intra-hôte chez un patient immunodéprimé soutiennent l’hypothèse d’un réservoir viral du SARS-CoV-2.
Ce travail analyse le cas d’un patient immunodéprimé ayant développé des quasi-espèces virales du SARS-CoV-2 avec des mutations d’échappement immunitaire, notamment S:E484K et S:E484A, conférant une résistance aux anticorps monoclonaux. Fait notable, ces mutations sont apparues en l’absence de pression immunitaire détectable. L’étude met en évidence un réservoir viral intra-hôte favorisant la persistance et la recolonisation des voies respiratoires, soulignant ainsi le rôle potentiel des infections prolongées dans la COVID longue.
L’étude prospective menée au Québec entre août et novembre 2021 a examiné les infections au variant Delta de la COVID-19 chez des adultes, en se concentrant sur la prévalence des symptômes post-COVID-19 et l’impact de la vaccination. Parmi les 138 participants, 62,8% étaient des infections chez des personnes vaccinées et 37,1% chez des non-vaccinés. La majorité des participants avaient présenté une forme légère de la maladie. La prévalence des symptômes post-COVID-19 était similaire entre les groupes vaccinés (61,4%) et non vaccinés (51,4%). Le nombre de symptômes durant l’infection aiguë était identifié comme facteur de risque indépendant pour le développement de symptômes post-COVID-19. Cette étude souligne qu’une vaccination complète ne semble pas réduire l’apparition de symptômes post-COVID-19 dans le cas des infections par le variant Delta. Les résultats ont des implications importantes pour la planification des services de santé provinciaux.
Motivation à participer et facteurs d’attrition dans une biobanque COVID-19 : une étude qualitative.
La Biobanque québécoise de la COVID-19 (BQC19) a rencontré un taux élevé de perte au suivi, ce qui a motivé une analyse des facteurs influençant la participation. À travers des entretiens avec 23 participants et 17 professionnels, les motivations relevées incluaient la contribution à la recherche et les interactions médicales, tandis que l’attrition était liée à des obstacles logistiques, à la méfiance envers les mesures sanitaires et à la peur des milieux cliniques. L’évolution de la pandémie a modifié ces dynamiques, soulignant la nécessité d’adapter les stratégies de recrutement en contexte de crise.