L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact d’un facteur génétique majeur de susceptibilité pour la COVID-19 sur la gravité de la maladie, en tenant compte de l’âge des patients. En combinant les données individuelles de 13 424 patients COVID-19 (dont 6 689 hospitalisés) provenant de 17 cohortes internationales, les chercheurs ont examiné l’association du marqueur génétique rs10490770, situé sur le chromosome 3, avec la mortalité et les complications liées au COVID-19. Les résultats montrent que les porteurs de l’allèle à risque avaient un risque accru de mortalité générale (HR = 1,4) et de complications graves comme l’insuffisance respiratoire sévère (OR = 2,0). Chez les individus de moins de 60 ans, l’effet du marqueur était particulièrement prononcé, avec un risque significativement plus élevé de décès ou d’insuffisance respiratoire sévère (OR = 2,6). L’inclusion du gène à risque a amélioré la prédiction des issues graves, suggérant son utilité dans la gestion clinique des risques.
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Cette étude examine l’impact de la génétique humaine sur l’infection par le SARS-CoV-2 et la gravité du COVID-19, en s’appuyant sur une collaboration mondiale de chercheurs. À travers trois méta-analyses d’association du génome entier, impliquant jusqu’à 49 562 patients provenant de 46 études internationales, 13 loci génétiques significatifs ont été identifiés, associés à l’infection par le SARS-CoV-2 ou à des manifestations graves du COVID-19. Plusieurs de ces loci sont liés à des maladies pulmonaires, auto-immunes ou inflammatoires. Des analyses de randomisation mendélienne ont mis en évidence un rôle causal du tabagisme et de l’indice de masse corporelle dans la gravité du COVID-19, mais pas pour le diabète de type II. Cette étude souligne l’importance de la collaboration internationale dans la découverte de facteurs génétiques associés aux maladies émergentes, ouvrant la voie à de futures avancées pour la gestion de pandémies ou d’autres maladies complexes.
Cette étude a examiné l’association entre des variantes rares prédites de perte de fonction (pLOF) dans 13 gènes candidats, impliqués dans les voies TLR3 et IRF7 dépendantes de l’IFN de type I, et les cas graves de COVID-19. Après avoir effectué un séquençage exomique ou génomique sur 1 864 cas de COVID-19 (713 cas graves et 1 151 cas légers) et 15 033 témoins appariés en fonction de l’ascendance, les chercheurs ont constaté qu’une seule mutation rare pLOF était présente parmi les 713 cas graves. Aucun enrichissement de variantes pLOF n’a été observé dans les cas graves par rapport aux témoins ou aux cas légers. En conclusion, aucune preuve d’association n’a été trouvée entre ces variantes rares et la sévérité du COVID-19, contredisant une hypothèse précédente qui suggérait que de telles variantes pourraient expliquer jusqu’à 3,5 % des cas graves.
Cette étude explore les associations entre des variants génétiques rares et sept issues cliniques de la COVID-19 en utilisant des données de séquençage exomique de 586 157 individus, dont 20 952 atteints de COVID-19. Malgré l’analyse de gènes impliqués dans la voie de l’interféron, des loci de susceptibilité et des gènes immunologiques pertinents, aucune association significative n’a été identifiée avec des variants rares, suggérant qu’aucun effet détectable n’est associé à ces variants dans cette étude. Les analyses seront mises à jour avec des données supplémentaires disponibles
This Mendelian randomization study investigated whether genetically decreased serum ACE levels influence susceptibility to or severity of COVID-19, aiming to clarify the safety of ACE inhibitors during the pandemic. Genetic variants near the ACE gene, explaining 18–37% of ACE level variance, were identified from the ORIGIN trial and the AGES cohort. These variants were tested against COVID-19 outcomes using large GWAS datasets (up to 960,186 individuals). No significant associations were found between lower ACE levels and COVID-19 susceptibility, hospitalization, or severity. Results were consistent across multiple sensitivity analyses. These findings suggest that ACE inhibitors do not increase COVID-19 risk and support their continued use during the pandemic.
Cette étude a comparé les profils immunitaires des patients hospitalisés pour une infection aiguë par le SARS-CoV-2 avec ceux de patients atteints d’autres maladies aiguës et de témoins sains. À l’aide de la cytométrie en flux, plusieurs dysrégulations des sous-ensembles de cellules immunitaires ont été observées, notamment une diminution des proportions de cellules T, qui étaient similaires entre l’infection par le SARS-CoV-2 et d’autres maladies aiguës. Cependant, des différences spécifiques ont été identifiées dans les sous-ensembles myéloïdes et lymphocytaires, associées au statut SARS-CoV-2, telles qu’une proportion élevée de neutrophiles matures/activés ICAM-1+, de monocytes ALCAM+ et de cellules T CD8+CD38+. Certaines altérations immunitaires spécifiques au SARS-CoV-2 ont montré des corrélations avec la sévérité de la maladie, l’issue clinique à 30 jours et la mortalité. Ces résultats fournissent une compréhension des dysrégulations immunitaires spécifiquement liées à l’infection par le SARS-CoV-2 et ouvrent la voie au développement de biomarqueurs pour stratifier les patients COVID-19 à risque de mauvais pronostic, tout en mettant en lumière des cibles thérapeutiques potentielles.
Protéine extracellulaire liant l’acyl-CoA comme biomarqueur indépendant de la gravité de la COVID-19.
Cette étude explore le rôle de l’ACBP (Acyl-CoA binding protein), un régulateur de l’autophagie, comme biomarqueur de la sévérité de la COVID-19. En analysant les profils protéomiques plasmatiques de 903 patients hospitalisés au Québec, les résultats montrent que des niveaux élevés d’ACBP sont associés à une inflammation accrue et à une réponse immunitaire altérée, indépendamment des comorbidités. Les niveaux d’ACBP étaient plus élevés lors de la deuxième vague que lors de la première. Ces résultats suggèrent que l’ACBP pourrait jouer un rôle clé dans les réponses immunométaboliques et mérite des investigations supplémentaires.
Validation de l’ANG-1 et du P-SEL comme biomarqueurs des affections post-COVID-19 à l’aide des données de la Biobanque québécoise de la COVID-19 (BQC-19).
L’étude des effets à long terme de la COVID-19, également appelé COVID longue ou condition post-COVID-19 (PCC), est un domaine de recherche actif. Des études récentes ont suggéré que l’angiopoiétine-1 (ANG-1) et la p-sélectine (P-SEL) pourraient être des marqueurs diagnostiques potentiels, bien que leur validation soit nécessaire en raison de l’inconstance des résultats dans les études sur les biomarqueurs du COVID-19. En utilisant les données de la Biobanque québécoise de la COVID-19 (BQC19), nous avons observé que les niveaux d’ANG-1 et de P-SEL étaient significativement plus élevés chez les participants atteints de PCC par rapport aux témoins après trois mois. Ces résultats ont été reproduits et validés, soulignant l’importance des efforts de biobanque collaboratifs pour améliorer la reproductibilité et la crédibilité des recherches sur la COVID longue.
L’étude explore l’association entre la sévérité des symptômes de la COVID-19 et les concentrations d’acides aminés circulants, ainsi que leur capacité à prédire des issues cliniques graves telles que l’admission en soins intensifs ou le décès à l’hôpital. Sur un échantillon de 736 participants, 16 des 20 acides aminés testés ont montré une association significative avec la sévérité de la maladie, avec la phénylalanine (positivement) et la cystéine (inversément) présentant les associations les plus fortes. Ces résultats sont restés significatifs après ajustement pour l’âge, le sexe et l’indice de masse corporelle. La phénylalanine a démontré une capacité modérée à prédire les issues graves, et un modèle multivarié incluant à la fois les acides aminés circulants et des variables cliniques a atteint une précision de 90 % pour prédire les issues adverses. Ces résultats suggèrent que les profils d’acides aminés altérés chez les patients atteints de symptômes sévères de COVID-19 pourraient être utilisés pour améliorer les prédictions cliniques.
Les interactions génétiques et environnementales généralisées façonnent la réponse immunitaire à l’infection par le SARS-CoV-2 chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19.
Cette étude a utilisé le séquençage ARN à cellule unique pour explorer les facteurs génétiques de régulation cis impliqués dans la réponse à l’infection par le SARS-CoV-2. En analysant 361 119 échantillons de cellules mononucléaires sanguines périphériques (PBMC) provenant de 63 patients COVID-19 en phase aiguë, 39 en phase de convalescence, et 106 témoins sains, les chercheurs ont identifié des milliers de variants cis associés, dont plusieurs étaient spécifiques aux cellules immunitaires des patients en phase aiguë. Les effets génétiques spécifiques aux patients se sont dissipés à mesure que l’infection se résolvait, suggérant l’implication de réseaux de régulation génique distincts pendant l’infection active. Environ 17,2 % des loci testés ont montré des interactions génétiques dépendantes de l’état cellulaire, notamment dans les voies des réponses aux interférons et la phosphorylation oxydative, principalement dans les monocytes CD14+. Les résultats montrent l’importance des interactions gène-environnement, avec 25,6 % des gènes testés montrant des effets d’interaction, soulignant le rôle des facteurs environnementaux dans la régulation transcriptionnelle de la réponse immunitaire au SARS-CoV-2